Logo Cedias Bibliothèque

Présentation des fonds

Le fonds initial n’a cessé, en dépit de difficultés croissantes, de s’enrichir au cours de l’existence aujourd’hui plus que centenaire de la bibliothèque. Il a augmenté quantitativement, notamment grâce aux dons de personnalités qui ont fréquenté la bibliothèque, mais il a su également se diversifier et s’adapter à l’actualité. À l’heure actuelle, les collections comprennent environ 120 000 volumes, ouvrages, brochures (dont certaines pièces uniques), et plus de 1 800 titres de périodiques (dont 105 titres courants). Si la majorité des documents sont en français, il est à noter qu’une importante partie du fonds est constituée de documents étrangers (ouvrages comme périodiques), principalement en anglais, allemand, espagnol, italien et même russe.

Il serait illusoire de vouloir présenter ce fonds extrêmement riche de façon exhaustive. Nous nous contentons d’indiquer ci-dessous les principaux axes thématiques, aussi bien historiques que contemporains, dans leur évolution et leur complémentarité.

 

Grandes doctrines politiques et sociales des XIXe et XXe siècles

Sciences sociales

Mouvement ouvrier et organisations socialistes et syndicales

Economie sociale

Conditions de vie et de travail des classes populaires

Assistance, bienfaisance et philanthropie

Protection sociale et politiques sociales

Action sociale, travail social

 

 

Grandes doctrines politiques et sociales des XIXe et XXe siècles

Le spectre couvert est très large : il s’agit d’une documentation primaire et secondaire sur les différents courants de pensée allant du libéralisme politique et économique aux diverses formes duBillets de travail de Robert Owen, 1833 socialisme (utopique, réformiste, révolutionnaire) et de l’anarchisme en passant par diverses écoles de la réforme sociale, telles que le solidarisme, le christianisme social, ou l’École de Le Play.

La bibliothèque conserve les écrits des principales figures représentant ces courants, ainsi que des études qui leur sont consacrées ; les œuvres de Proudhon, Fourier, ou Marx côtoient celles de Tocqueville, Albert de Mun ou Auguste Comte, pour ne mentionner que quelques exemples d’une liste qui risquerait de s’allonger indéfiniment. De même, on y trouve des collections, souvent rares et complètes, de grandes et petites revues, où s’élaborent et se diffusent ces doctrines.
 

Sciences sociales

La naissance du Musée social coïncidant avec le développement des sciences sociales, il n’est donc pas étonnant que la sociologie – depuis sa naissance jusqu’aux doctrines contemporaines – y occupe une grande place.

Non seulement les œuvres des grands sociologues, français ou étrangers, contemporains ou passés, peuvent être consultées, mais aussi des collections de périodiques spécialisés, en particulier les grandes revues fondatrices telles que l’Année sociologique, la Revue internationale de sociologie, l’American Journal of Sociology, ou l’Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik.

La bibliothèque possède également une très riche collection d’ouvrages et de périodiques en français et en langues étrangères dans le domaine plus classique de l’économie politique.

 

Mouvement ouvrier et organisations socialistes et syndicales

Dans ce domaine, la documentation rassemblée est très abondante depuis la fondation de la bibliothèque, mais elle est véritablement exceptionnelle pour les années 1890 à 1914. Ainsi, la plupart des grèves du début du siècle ont fait l’objet de dossiers documentaires exhaustifs et toujours conservés. Par ailleurs, les séries des congrès politiques et syndicaux, français et étrangers, tout comme ceux de la Ière et de la IIe Internationale, sont pratiquement complètes. La collection de périodiques dans ce domaine est fort riche : elle va des premiers journaux ouvriers (aux alentours de 1848) jusqu’à la presse syndicale d’aujourd’hui ; elle comprend aussi bien la presse guesdiste qu’anarchiste, communiste et socialiste, des réformateurs ou encore des oppositions de gauche aux grands partis institutionnels. Ce fonds est complété par des publications rares et marginales, des périodiques éphémères, des brochures parfois uniques.

Groupe de militants de la Bourse du travail de Rennes, avant 1914

 

Economie sociale

Directement issue d’un premier projet de «Musée de l’économie sociale», la fondation a été dès ses origines étroitement liée au monde de l’économie sociale. Elle a abrité le premier siège social du Crédit agricole ainsiCouverture de l'Almanach des Mutualistes pour l'année 1906, par Léopold Mabilleau que celui de la Fédération nationale de la mutualité française, dont le premier président, Léopold Mabilleau, fut en même temps le directeur du Musée social pendant près de vingt ans. La documentation de départ provient des premières galeries d’économie sociale des Expositions universelles de la fin du XIXe siècle.
Le fonds conservé dans ce domaine à la bibliothèque peut être sans exagération considéré comme unique en France. On y trouve à la fois des grands instruments de travail et des périodiques, rapports, congrès, brochures, statuts de sociétés, aussi bien pour la mutualité – des plus anciennes sociétés de secours mutuels à la Mutualité moderne – que pour la coopération de production et de consommation, le Crédit agricole, la mutualité agricole, le crédit populaire, etc.

Ce fonds fait aujourd’hui de la bibliothèque un des principaux lieux de mémoire de l’économie sociale.

 

Conditions de vie et de travail des classes populaires

Dès sa fondation, la bibliothèque a rassemblé les premières grandes enquêtes sociales françaises et étrangères effectuées pendant le XIXe siècle (Villermé, Booth, Office du travail, etc.) et a systématiquement enrichi ses collections dans ce domaine. Cette documentation concerne les conditions de travail dans les usines et les mines, les transformations de l’organisation du travail, les mutations dues aux développements technologiques. Mais également les problèmes relatifs à la durée de travail, à la protection des apprentis, au travail des femmes et des enfants, au chômage ou encore aux accidents du travail.

 
L’autre aspect de la vie des couches ouvrières et plus généralement populaires qui a été au centre des préoccupations des fondateurs du Musée social a trait aux habitations ouvrières et au logement social, à la naissance et au développement de l’urbanisme, à l’hygiène sociale. L’importance du fonds concernant l’urbanisme et le logement social s’explique par l’activité soutenue de la Section d’hygiène urbaine et rurale du Musée social, qui favorisa la création en 1911 de la Société française des urbanistes et eut un rôle moteur dans l’émergence de cette discipline en France. Dans ce cadre, on trouve des dossiers documentaires portant sur la France et l’étranger (modèles de plans, de cités-jardins, d’habitations à loyers modérés), des propositions d’amélioration et des propositions de législation sur l’habitat, des projets urbanistiques.
 
De même, les publications de nombreux organismes liés au Musée social, tels que la Société française des habitations à bon marché, l’Alliance d’hygiène sociale, l’Association pour la protection légale des travailleurs, etc., sont conservées et leur histoire documentée.
 

Assistance, bienfaisance et philanthropie"L'Assistance par le travail". Gravure de l'OCOB (1900)

Dans le domaine de la bienfaisance et de la philanthropie, le fonds déjà solide du Musée social a été encore considérablement enrichi au moment de la fusion en 1963 avec l’Office central des oeuvres de bienfaisance (OCOB) qui possédait de son côté sa propre documentation.
 
Avant la mise en place des systèmes d’assistance publique et de protection sociale au cours du XXe siècle, les œuvres de bienfaisance étaient les seules institutions chargées de gérer les dégâts de ce que l’on nommait alors le «paupérisme». La bibliothèque conserve une documentation incontournable sur ce que l’on doit considérer comme les ancêtres des services sociaux modernes, constituée de collections de périodiques, de statuts d’œuvres, d’ouvrages et brochures rares.

 

Protection sociale et politiques sociales
 

Affiche résumant l'organisation des assurances sociales (1928)Grâce au fonds de la bibliothèque, il est possible de suivre l’évolution des formes anciennes et privées d’assistance et d’aide sociales jusqu’à la naissance des politiques publiques de protection sociale et la lente émergence de l’État providence. La bibliothèque est en effet une mine d’informations sur les premiers systèmes d’assurances sociales ainsi que sur les premières grandes lois sociales (retraites, assurance maladie, congés payés, chômage, sécurité sociale…). La documentation est ici aussi contextualisée, le lecteur pouvant consulter les textes législatifs et officiels comme les publications et prises de position de l’ensemble des acteurs de ces débats fondamentaux (partis politiques, personnalités expertes, associations, syndicats, services sociaux, mutuelles…). Cet axe thématique a été régulièrement actualisé jusqu’à nos jours, de manière à mettre en perspective la gestation, la mise en place et la crise actuelle de l’État-providence.
 
 
 
 

Action sociale, travail social
 

En liaison avec l’évolution de la fondation, ce secteur est aujourd’hui au centre du développement de la bibliothèque. Celle-ci constitue un des rares lieux, peut être même un lieu unique, où on peut remonter aux origines du service social et suivre son évolution jusqu’à aujourd’hui. Une très vaste documentation, touchant à tous les aspects de l’action sociale contemporaine (famille, enfance, personnes âgées, handicap, etc.) et comprenant la grande majorité des périodiques relevant de ce domaine, peut y être consultée. Une attention particulière est accordée aux débats qui traversent le travail social actuellement, notamment aux problèmes de la formation des travailleurs sociaux. La bibliothèque, qui conserve de nombreux mémoires de formation, est devenue depuis 1996 le lieu de dépôt national des meilleurs mémoires de Diplôme d'Etat d'ingénierie sociale (DEIS), ex Diplôme supérieur en travail social (DSTS), qui peuvent être consultés et également empruntés. La bibliothèque reçoit également les meilleurs mémoires du Certificat d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement social (CAFDES).