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Formation des acteurs du social : II - La professionnalisation

Année de la revue: 
2007
Numéro de la revue: 
n° 4 / 2007
Couverture de la revue: 

Lorsque nous abordons la question de la formation des acteurs du social de nos jours, ce qui semble Importer est d’abord la capacité pour un acteur du social ayant acquis un statut de professionnel de traduire dans son action quotidienne l’effectivité des compétences attestées par un parcours de formation et par une certification, autrement dit l’ajustement des statuts et des fonctions. La question de la formation prend alors une autre allure. Et c’est pourquoi, nous avons souhaité la retravailler en Interrogeant le couple processus de formation / processus de professionnalisation.

Après un numéro consacré à ce même thème en 2003, La Formation des acteurs du social : Enjeux et manœuvres, le présent numéro de Vie Sociale explore trois voles de la professionnalisation :

-    Les savoirs académiques et disciplinaires qui justifient de faire l'économie d’une formation assurée par des centres de formation spécialisés dans tel ou tel champ : même si les stages font partie des passages obligés pour mettre en perspective lesdits savoirs, le dispositif de formation peut très bien s’inscrire dans le droit commun de la formation.

-    La Validation des acquis de l’expérience (VAE), comme nouvelle forme de certification et dont le postulat principal est que la pratique produit du savoir, d’où Il résulte que l’administration de la preuve de cette première production produit du diplôme.

-    L'analyse des pratiques qui n'a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche collective et si, par conséquent, elle restitue des compétences à la fols Individuelles et collectives.

L’appareil de formation est au carrefour de choix décisifs pour l’avenir : se caler sur une Identité forte avec une organisation de petite taille, réactive, privilégiant un nombre limité de compétences avec une équipe réduite d’experts ; ou au contraire s’inscrire dans une logique de ramification de la structure de formation, avec une organisation de taille Importante, tels les Instituts régionaux du travail social, et une multiplication des partenariats avec des montages juridiques très diversifiés : conventions, groupements... C’est vers cette dernière formule que l’on semble se diriger.

Ainsi se dessine une mutation dans les pratiques de formation : il ne s’agit plus seulement de traiter de la formation des travailleurs sociaux du point de vue des pratiques pédagogiques. Professionnels de la formation, nous sommes conduits à repenser le mandat qui nous est confié. Or, la déclinaison de ce mandat pose exactement les mêmes problèmes que pour les pratiques professionnelles de celles et ceux qui assurent l’accompagnement au quotidien des personnes en difficulté. Tel est du moins une des Idées qui président à ce numéro.

 

Voix des précaires et langage du social

Année de la revue: 
2007
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2007
Couverture de la revue: 

En amont d’une « parole d’usager », s’élève parfois la voix des « précaires », celle « des sujets dont la position au monde est chaque jour remise en question dans leur capacité à pouvoir vivre – voire survivre – dans un état de tranquillité minimale qui, seule, peut permettre de se mettre à se projeter dans l’avenir. »

Parfois les glissements ou les chutes de ces sujets dans des situations de vie en grande souffrance - dans lesquelles les ressources s’estompent, les liens se défont, les addictions s’accélèrent - s’effectuent dans un silence assourdissant. Parfois des voix s’élèvent mais ne sont entendues par personne ; ou mal comprises. Parfois la voix des précaires est « retraitée » par des institutions sociales qui la traduisent en langage administratif pour en faire une parole d’usager…

Comment passe-t-on de la voix à la parole et par quel langage ? Quelles sont les conditions et qu’est-ce qui se joue dans cette transformation ?

Le sujet abordé dans ce dossier est organisé en deux approches.

La première témoigne de l’émergence de ces paroles hésitantes qui se fraient un chemin dans le vacarme du monde des inclus, s’accrochant ici ou là à un espace d’écoute et de silence, un sujet porte voix, un lieu-parenthèse ; cette première approche nous mène dans un atelier d’écriture des Compagnons de la nuit, dans une rencontre d’Advocacy ou au cœur d’un moment de silence partagé.

La seconde témoigne de stratégies du social pour capter ces voix inaudibles, offrir des instants de quiétude ou de liberté nécessaires à la possibilité d’une expression. Cette approche nous transporte dans un théâtre forum, un restaurant d’insertion ou dans les cuisines de parents d’enfants placés.

Si les voix des précaires, accompagnés dans leurs expériences de vie, aboutissent à la restauration de leurs « capabilités » et à la construction de choix et de modes de vie singuliers, originaux, ceux-ci pourront-ils influer sur nos relations sociales normalisées, nos formes de lien social ? En quoi l’agir créateur fragilisé par la précarité ou les déficiences, peut-il faire émerger des dissonances plurielles dans les manières de vivre ensemble ?

 

L'action sociale dans les territoires

Année de la revue: 
2007
Numéro de la revue: 
n° 2 / 2007
Couverture de la revue: 

La question du territoire devient centrale et s’est progressivement imposée comme un nouveau paradigme de l’action sociale, en lien avec les idées de démocratie locale, de solidarité, de proximité et de développement local.

Le local est en effet fortement valorisé, avec l’idée qu’il disposerait d’une forte capacité à produire un sentiment d’appartenance à une communauté. La spatialisation de la question sociale est-elle communément admise ? L’espace du social se structure-t-il pour autant en territoire(s) du social ?

La question porte bien sur la nature de ces « territoires de proximité ». De quelle manière, les habitants se l’approprient-ils, indépendamment du découpage des espaces publics et privés ? Quels territoires, aujourd’hui, permettent au citoyen de trouver sa place dans la cité et de s’inscrire dans l’ordre politique ? Comment entendre le(s) territoire(s) en tant que lieu(x) d’inscription de l’action sociale ?

Outre leurs réflexions sur ces questions de fond, les professionnels de l’action sociale engagent des expérimentations sur de nouvelles manières de s’inscrire dans la vie de la cité, par le « local » et par l’intermédiaire de la communauté. Ils repèrent des micro-territoires, les analysent, cherchent à les doter des moyens d’une véritable légitimité, veulent les faire reconnaître à ceux qui y vivent un pouvoir de co-décision... Ce sont quelques-unes de ces analyses et expérimentations que nous présentons en deux parties : les questions du développement social territorialisé et les enjeux du territoire.

La quasi-totalité des articles de ce numéro sont issus des journées nationales de la recherche sociale organisées en juin 2007 par la chaire de travail social/LaboratoIre LISE et le Centre d’études et de l’emploi, avec leur partenaire Profession Banlieue.

 

Action sociale et santé mentale. Mariage d'amour ou mariage arrangé ?

Année de la revue: 
2007
Numéro de la revue: 
n° 1 / 2007
Couverture de la revue: 

Ce numéro résulte de deux jours de débats organisés en mai 2006 par l’Institut régional du travail social Ile-de-France Montrouge/Neuilly-sur-Marne et la Mission nationale d’appui en santé mentale, en partenariat avec l’École supérieure de travail social de Paris. Ce forum a donné la parole à des acteurs d’horizons divers, professionnels de la psychiatrie, du social et du médico-social, formateurs mais aussi élus locaux ou encore représentants de l’État responsables des politiques sociales et sanitaires.

Vie Sociale reprend dans ce numéro certains de ces témoignages. Ils donnent un éclairage sur l’évolution des cadres et outils de cette coopération entre les secteurs et surtout illustrent, de façon concrète, la manière dont chacun, sur des problématiques variées, s’est saisi de ces questions complexes et a mis en place, et parfois même expérimenté, des réponses permettant de dépasser clivages et cloisonnements.

Ces deux journées font également écho aux évolutions des politiques publiques de ces dernières années. Celles-ci se caractérisent par l’émergence d’une volonté de créer des passerelles et des points d’accroche entre les différents champs et d’éviter la juxtaposition des domaines et des réglementations.

La prise en compte de ces problématiques va nécessiter des professionnels qu’ils repensent leur place à côté d’autres professionnels mais aussi au côté des personnes souffrant de troubles psychiques. Un des enjeux de la recherche d’une meilleure articulation des acteurs des trois secteurs réside dans cette capacité de chacun à s’engager, avec ses compétences propres, dans une véritable alliance et un étayage réciproque au service de ces personnes aux difficultés multiples.

Par l’éclairage qu’elle apporte sur la façon dont peuvent se nouer dans la durée des coopérations indispensables pour les personnes en souffrance psychique, cette publication constitue une contribution à ce débat, destinée aux professionnels comme aux pouvoirs publics.

 

Parties: 
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