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De l’humour et du rire dans le travail social

Année de la revue: 
2010
Numéro de la revue: 
n° 2 / 2010
Couverture de la revue: 

Il est important d’être sérieux, mais dangereux de se prendre au sérieux ; le meilleur antidote ne serait-il pas l’humour ?

Plusieurs initiatives éditoriales récentes dans le secteur social se sont rejointes autour de ce thème original, preuve sans doute qu’il est dans l’air du temps, mais surtout que le travail social ressent le besoin de réfléchir sur son humour professionnel et d’en faire découvrir le rôle. Devant le malaise et la crise d’identité des travailleurs sociaux, l’humour est sans doute une des approches possibles permettant une prise de distance.

L’humour transgresse les codes discursifs et sociaux en vigueur. Il est à la fois tributaire du locuteur, du récepteur et du fait social et a une valeur multidimensionnelle. L’observer, comprendre ses différents impacts, constitue l’un des objectifs de ce numéro.

Même s’il est difficile de pouvoir donner à l’humour une définition satisfaisante, et que « vouloir définir l’humour, c’est déjà prendre le risque d’en manquer » (Guy Bedos), la première partie de ce numéro tente de cerner des éléments de sa valeur intrinsèque. La deuxième partie « Faits et effets sociaux » porte sur la prise en compte de l’humour par l’action sociale. En quoi est-il structurant tant pour le professionnel que pour l’usager ?

Mais il manquerait un aspect important si l’on n’osait pas faire un travail sur l’humour avec un peu d’humour, histoire de partager le rire. La troisième partie de ce numéro débusque donc l’impromptu, l’intempestif, l’inattendu… à travers quelques regards humoristiques et des témoignages d’humour involontaires dans l’action sociale, tant de la part d’usagers que de la part de professionnels.

En outre, ce numéro est enrichi d’illustrations humoristiques de Laurent Grassi, éducateur et dessinateur et de quelques chansons du répertoire du groupe « Signes particuliers » dirigé par Guy Velut, éducateur au CAT musical Arc-en-ciel.

« Où il n’y a pas d’humour, il n’y a pas d’humanité; où il n’y a pas d’humour, il y a le camp de concentration » (Eugène Ionesco).

 

Du sujet au projet… et réciproquement

Année de la revue: 
2010
Numéro de la revue: 
n° 4 / 2010
Couverture de la revue: 

Depuis le début des années 2000, l’action sociale et médico­sociale repose sur l’évaluation des besoins des populations vulnérables, et le projet personnalisé pour chacun des bénéficiaires repose sur le projet et les choix de vie des personnes. Cette nouvelle perspective, réglementaire, de l’action sociale et médico­sociale (d’aucuns diraient ce nouveau parangon), interroge en profondeur les structures sociales et médico-sociales.

Comment appréhender chaque situation de manière singulière en offrant un cadre et un projet d’ensemble cohérent et proactif ; comment, pour répondre à la multiplicité des besoins d’une personne, se situer comme une « ressource du territoire », articulée avec d’autres ressources nécessaires et insuffisantes prises séparément ? 

Les mémoires de formation supérieure en travail social (Diplôme supérieur du travail social, Diplôme d’étude d’ingénierie sociale, et Certificat d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement social ou de service d'intervention sociale) ont abordé ces questions à partir de différentes entrées, dans différents champs d’intervention sociale ou médico-sociale. C’est à partir de leurs travaux que nous avons conçu le colloque de Rennes, cinquième journée de valorisation des mémoires de DSTS (DEIS) et CAFDES dont rend compte ce numéro de Vie Sociale.

Les auteurs de mémoire intervenant montrent comment, dans les champs de la protection de l’enfance, de l’enfance handicapée, de l’exclusion ou des personnes âgées, les praticiens mettent en place, vaille que vaille, les principes des lois nouvelles en expérimentant, souvent dans un cadre parfois étriqué, les conditions d’une place première des bénéficiaires et en insufflant de la « plasticité » dans les édifices anciens.

 

Les tutelles : regards croisés sur une réforme

Année de la revue: 
2010
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2010
Couverture de la revue: 

La notion de tutelle n’est pas une notion simple. Le petit Larousse définit le tuteur comme celui qui est « chargé de surveiller les intérêts d’un mineur non émancipé, ou d’un majeur dont la vie et le développement ont besoin d’être protégés ». Au cœur de cette simple définition, on voit poindre une sorte de contradiction entre la notion de surveillance et la notion de protection. Mais est-ce vraiment une contradiction ? La surveillance et la protection ne peuvent-elles être considérées comme complémentaires se corrigeant l’une par l’autre, expression d’une complexité qui est l’essence même de l’homme et de la vie ?

Cette complexité, nous allons la retrouver tout au long des interventions qui constituent ce dossier dont Vie Sociale a voulu situer quelques éclairages, en croisant les regards des personnes et des services concernés par ce sujet et notamment en fonction des réformes qui sont intervenues ces derniers temps et qui ont commencé à prendre effet dès janvier 2009.

Les parents sont les tuteurs naturels de leurs enfants. Mais que se passe-t-il si certains ne s’en sentent pas capables ou éventuellement s’en désintéressent ? C’est à cette question que s’efforce de répondre la tutelle aux prestations familiales. Dans une première partie, nous discuterons le point de vue des professionnels du social chargés de cette mesure et celui d’un responsable familial. Nous y trouverons également une interrogation inquiète sur l’évolution des législations qui poussent à la répression plutôt qu’à l’éducation des responsabilités.

Une seconde partie est consacrée à la réforme qui concerne plus spécifiquement les majeurs protégés et notamment le mandat de protection future qui est une avancée certaine. Mais l’accompagnement doit être travaillé pour que des décisions autoritaires ne soient pas prises en lieu et place des intéressés, sans qu’ils en comprennent la raison ou le bien-fondé. Cela demande du temps et par conséquent des moyens.

Le terme tuteur est souvent synonyme d’abus de pouvoirs et de spoliation pour celui qui est ainsi mis en dépendance d’un autre. Et pourtant, le même terme appliqué à une plante, constitue une aide à son développement à condition qu’elle soit entourée sans être étouffée.

En publiant divers regards sur cette question, notre revue souhaite apporter sa contribution à une réforme dont on se plait à souligner les aspects positifs, si les actes en suivent les intentions.

 

Coopérer, coordonner : nouveaux enjeux

Année de la revue: 
2010
Numéro de la revue: 
n° 1 / 2010
Couverture de la revue: 

Au moment où les Agences régionales de santé (ARS) se mettent en place et où se développent les groupements de coopération, les politiques publiques sont à l’heure du décloisonnement, de la transversalité. De toutes parts s’exprime un sentiment d’échec face aux organisations compartimentées. L’actualité législative et réglementaire, depuis les ordonnances Juppé de 1996 dans le domaine de la santé et la loi du 2 janvier 2002 pour l’action sociale et médico-sociale, est particulièrement marquée par la double problématique de la coopération et de la coordination.

Du point de vue des fonctionnements institutionnels, ces deux préoccupations s’expriment « en interne » et « en externe » : au sein de chaque institution à travers le travail d’équipe pluridisciplinaire, mais aussi dans la mise en lien des institutions avec leur environnement.

Ces questions sont au cœur notamment des relations entre santé mentale et action sociale et nous leur accordons ici une grande place. Ce numéro a été conçu à la suite de deux journées d’étude organisées en mai 2009 par l’Institut régional du travail social Montrouge Neuilly-sur-Marne, l’École supérieure de travail social (Etsup) et la Mission nationale d’appui en santé mentale, avec l’intitulé « Coordonner soins et accompagnement social ».

D’une manière générale, nous retrouvons les mêmes interrogations concernant les liens entre coordination et cohérence des politiques publiques. En effet, les lois redéfinissent l’action (sociale, médico-sociale, sanitaire, éducative), prônent la coordination, mais ne réorganisent pas, ne transforment pas radicalement les secteurs d’intervention.

Dans ces conditions, les pratiques de coordination des acteurs de terrain sont dépendantes de ce que les politiques feront des lois : s’ils laissent en l’état les champs d’intervention, les pratiques de coordination seront un travail localisé et éphémère, coûteux en investissement humain et somme toute peu efficace ; s’ils franchissent le pas de la réorganisation, les pratiques de coordination peuvent être les formes innovantes d’un nouveau pacte de santé publique.

 

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